Qu’est-ce que la délivrabilité ? Comment l’améliorer

Pendant des années, la boîte mail a été submergée : sur 10 emails, plus de 9 étaient du spam. Résultat : des filtres plus stricts, des règles plus fines, et une tolérance zéro pour les signaux douteux.

Aujourd’hui, si vos messages — y compris vos campagnes de cold emailing — veulent atteindre la bonne boîte de réception, ils doivent inspirer confiance dès le premier paquet envoyé.

La clé s’appelle délivrabilité. C’est la capacité à faire arriver un email dans l’inbox, pas en spam. En bref : crédibilité technique + hygiène d’envoi = emails lus.

Qu’est-ce que la délivrabilité ?

La délivrabilité désigne la capacité d’un email à atteindre la boîte de réception principale du destinataire. Elle dépasse la simple “livraison” : un message peut être accepté par le serveur et finir malgré tout dans le dossier spam ou promotions.

Autrement dit, la livraison dit qu’un email a été reçu techniquement ; la délivrabilité mesure son arrivée au bon endroit, là où il sera réellement vu. À titre de repère, un bon taux de délivrabilité tourne autour de 95 %, un niveau qui peut transformer l’efficacité de vos campagnes.

Les conséquences d’une mauvaise délivrabilité

Quand la délivrabilité se dégrade, l’impact dépasse largement la boîte mail.

❌ La visibilité en chute
Les messages basculent vers le spam ou les onglets secondaires, parfois avec du throttling ou des blocages. Les ouvertures reculent mécaniquement, et les taux de réponses également.

❌ L’effet boule de neige sur la réputation
Moins de visibilité entraîne moins d’engagement, qui lui-même renforce les filtres. Sortir de ce cercle prend des semaines d’efforts.

❌ La perte commerciale et ROI en baisse
Moins d’ouvertures, moins de réponses, pipeline qui se vide, cycles de vente qui s’allongent et coût d’acquisition qui grimpe.

❌ L’image de marque affaiblie
Désinscriptions et plaintes augmentent, la confiance s’érode, et votre domaine peut être perçu comme intrusif.

❌ La charge opérationnelle et risques
Plans de remédiation, audits, migrations de domaine ou d’IP, et exposition possible à des sanctions si la conformité a été négligée.

Clé à retenir: stabiliser, nettoyer, authentifier, puis accélérer. Cette progression protège vos placements et vos résultats commerciaux.

Comment améliorer la délivrabilité des emails ?

La délivrabilité se construit dans la durée : hygiène technique, cadence maîtrisée et pertinence du message. Objectif : inspirer suffisamment de confiance à Gmail ou Outlook pour rester en boîte principale.

1. La réputation de l’expéditeur

La réputation constitue le signal prioritaire. Les fournisseurs évaluent domaine et IP au regard des pratiques d’envoi. Ce scoring oriente le placement : inbox, promotions ou spam. Deux volets s’additionnent : l’IP qui émet et le domaine utilisé.

Pour l’améliorer, aller à l’essentiel :

  • Rendre la désinscription immédiate réduit les plaintes.

  • Écarter les adresses invalides et surveiller les rebonds (bounce)

  • Stabiliser la cadence d’envoi, avec warm-up des nouveaux domaines, évite les pics suspects.

  • Prioriser les contacts engagés, puis élargir progressivement, soutient le score.

  • Suivre ouvertures, clics et réponses, puis ajuster les segments en continu, maintient la réputation.

2. L’authentification technique du domaine

Pour attester qu’un expéditeur est légitime, trois protocoles font office de carte d’identité des emails. Ils travaillent ensemble et doivent être alignés sur le même domaine.

SPF (Sender Policy Framework)

Enregistrement DNS qui dresse la liste des IP autorisées à envoyer des messages pour un domaine. Il limite les usurpations d’identité et contribue à bloquer les envois frauduleux.

DKIM (DomainKeys Identified Mail)

Signature numérique apposée au message. Elle permet au serveur de réception de vérifier que le contenu n’a pas été modifié pendant le transit.

DMARC (Domain-based Message Authentication, Reporting & Conformance)

Politique qui précise quoi faire si SPF ou DKIM échoue (laisser passer, mettre en quarantaine, rejeter) et qui fournit des rapports de suivi utiles à la veille de délivrabilité. Pour aller plus loin : ressources techniques sur DMARC.

Ces paramètres sont indispensables et obligatoire pour une bonne délivrabilité et des campagnes d’emailing réussies.

3. La qualité de la liste de contacts

La santé de la base a un impact direct sur la délivrabilité. Envoyer à des adresses invalides ou à des contacts désengagés abaisse le score d’expéditeur et accentue les placements en spam.

Bonnes pratiques :

✔️ Construire sa propre liste : l’achat de fichiers nourrit les rebonds, les pièges à spam et les plaintes. Misez au maximum sur des contacts vérifiés.

✔️ Nettoyer la liste : retirer les inactifs persistants et les hard bounces pour assainir les envois.

✔️ Activer le double opt-in : la confirmation par email garantit une base réellement intéressée et plus fiable.

En complément, préciser dès l’inscription le type de contenus et la fréquence, et garder une désinscription visible pour limiter les plaintes.

4. Le volume et la fréquence d’envoi

Les fournisseurs repèrent les comportements anormaux. Un domaine tout juste créé qui envoie d’un coup des milliers d’emails déclenche aussitôt la méfiance et finit hors de l’inbox. La parade, c’est le warm-up : augmenter progressivement le volume d’envois sur plusieurs semaines, en commençant par les contacts les plus engagés. Cette montée en charge, associée à une cadence stable et prévisible, construit une réputation fiable et limite les pics suspects.

Exemple de plan d’un mois (à ajuster selon les métriques)

  1. Jours 1–3 : 50 emails/jour, uniquement vers des contacts très engagés (ouverts/cliqués <30 jours).

  2. Jours 4–7 : 100 emails/jour, mêmes segments + petites poches d’engagés récents.

  3. Semaine 2 (J8–14) : 200–300 emails/jour, 3 envois/semaine, pas plus de 1 campagne/jour.

  4. Milieu S2 : si rebonds durs < 0,5–2 % et plaintes < 0,1 %, passer à 300–400/jour.

  5. Semaine 3 (J15–21) : 400–600 emails/jour, élargir aux engagés 30–90 jours, purger les inactifs.

  6. Fin S3 : tests A/B d’objet et de cadence sur petits sous-segments, rester < 2 campagnes/jour.

  7. Semaine 4 (J22–28) : 800–1200 emails/jour, introduire prudemment des segments tièdes, garder une pression d’envoi stable.

  8. Jours 29–30 : revue complète des métriques, stabiliser 2–4 campagnes/semaine avant toute nouvelle hausse.

5. “Spam words” : ce que c’est et pourquoi c’est risqué

Un “spam word” est un terme ou une expression qui augmente la probabilité qu’un message soit classé comme indésirable. Pris isolément, il n’est pas forcément bloquant, mais cumulé avec d’autres signaux (promesses démesurées, urgence artificielle, MAJUSCULES, “!!!”, liens douteux), il dégrade le placement en boîte principale et favorise les plaintes.

Exemples courants (à manier avec parcimonie)

  • Urgence / pression : offre limitée, dernière chance, n’attendez plus, agir maintenant, exclusif.

  • Argent / finances : 100% garanti, sans risque, gagner de l’argent, revenu passif, crédit facile, taux incroyable.

  • Promotions agressives : gratuit aujourd’hui, cadeau assuré, remise exceptionnelle, super affaire, bon plan.

  • Santé / “miracles” : perte de poids rapide, résultat garanti, solution miracle, détox, anti-âge instantané.

  • Manipulation / arnaque : cliquez ici absolument, vous avez été sélectionné, félicitations, loterie, prix gagné.

  • Tech / crypto (selon contexte) : minage facile, rendements garantis, doublez vos gains.

  • Formes à éviter : mots déformés (gr@tuit, fr.e e), OBJETS EN MAJUSCULES, multiples points d’exclamation (!!!), emojis à la chaîne.

Les formulations factuelles et vérifiables sont à privilégier. Un ton sobre, un seul appel à l’action clair, et tester sur un petit échantillon avant un envoi large.

Comment savoir si un email est bien délivré ?

Sans mesure, pas de pilotage. La délivrabilité se lit dans quelques signaux simples à suivre à chaque envoi, puis dans la durée.

Repères à surveiller

  • Le taux de plaintes pour spam : principal signal d’alarme ; au-delà d’un seuil bas, la réputation se dégrade vite.

  • Les rebonds : indicateur de qualité de base et d’hygiène d’adressage.

  • Les placements réels : inbox vs promotions vs spam, observés sur un échantillon test.

  • L’engagement utile : ouvertures, clics, réponses et désinscriptions (trop d’inactivité = risque futur).

Avant d’envoyer à grande échelle, un pré-test aide à détecter les points faibles du message et de l’infrastructure. Des outils comme Mail-Tester ou Glock Apps donnent un score de délivrabilité avec des pistes d’amélioration. Pour le suivi continu de la réputation, s’appuyer sur SenderScore et Google Postmaster Tools permet d’anticiper les dérives et de corriger la trajectoire rapidement.

Aujourd’hui, la plupart des outils de prospection permettent aussi de tracker les envois et les ouvertures.

Conclusion

La délivrabilité n’est pas un détail : c’est le point d’entrée de la prospection. Elle naît d’un socle technique propre, d’une base saine et d’envois maîtrisés. Quand ces trois piliers tiennent, les emails arrivent, les conversations démarrent, le pipeline progresse.

L’étape suivante consiste à industrialiser ces bonnes pratiques : authentification carrée, nettoyage continu, warm-up, segmentation par engagement, monitoring des signaux. Objectif simple : une visibilité stable, sans à-coups.

Envie d’aller plus vite avec une approche structurée et des outils qui respectent ces standards ? Découvrir Scalability !

Share:

Table of Contents

Discover more